Liaison Lyon-Turin

vendredi 10 février 2012
par  adrd07
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Article du Dauphiné libéré du 10/02/2012

L’assemblée régionale a finalement dit oui à l’enquête publique lancée par le gouvernement sur le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin. Mais cela n’a pas été sans mal.

Cette enquête qui intéresse 74 communes de l’Isère et de Savoie tout au long du tracé a provoqué des débats sans fin parmi les élus régionaux. Si les élus du Front national ont déclaré d’emblée leur opposition à un projet « idéologique, au coût pharaonique en contradiction avec les intérêts de Rhône-Alpes », dixit Bruno Gollnisch, l’UDC (UMP, Radicaux et Nouveau centre) a développé des trésors de nuances sur la nécessaire concomitance des différentes phases du projet.

Alors que le maire de Chamonix Eric Fournier (UDC/Haute-Savoie) lançait sur le mode incantatoire : « Les Alpes manquent d’air, donnons-leur du fer », Xavier Dullin (UDC/Savoie) entrait dans le détail pour prévenir toute avancée du projet en phases successives. Le risque selon lui serait de voir le fret transiter à travers l’agglomération de Chambéry et le long du lac du Bourget au cas où la réalisation des différentes étapes de la ligne ne serait pas globale et simultanée.

François Fillon à la rescousse

De leur côté, les élus d’Europe Écologie-Les Verts se sont abstenus lors du vote, une première depuis 2000. Motif invoqué : les rares études disponibles sur l’augmentation du trafic fret sous les Alpes sont farfelues sans parler de l’impact environnemental du chantier.

Plus surprenant, Jean-Jack Queyranne, le président (PS) de la Région a appelé à la rescousse le Premier ministre François Fillon dans le but de rassurer les élus de l’opposition UDC. Il a ni plus ni moins proposé de mettre aux voix un amendement reprenant mot pour mot une lettre de François Fillon à deux élus UMP savoyards, MM. Hérisson et Bouvard, dans laquelle le chef du gouvernement s’engage à rendre opérationnel le tunnel international (l’ouvrage principal de 57 km) seulement lorsque les travaux précédents auront été réalisés. Notamment les tunnels sous la Chartreuse, Belledonne et le Glandon.

Bref, ce n’est pas un blanc-seing à l’aveugle que les conseillers régionaux ont donné au gouvernement.

Il faut dire que le chantier TGV Lyon-Turin ne pèse pas moins de vingt milliards d’euros (France et Italie confondues).

par Georges BOURQUARD le Dauphiné libéré du 10/02/2012

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Commentaires

Logo de un Ardéchois du centre
vendredi 10 février 2012 à 14h09, par  un Ardéchois du centre

Le tunnel ferroviaire s’intègre dans un projet plus vaste, qui est l’Autoroute Ferroviaire Internationale. La construction des nouvelles voies respecte des normes assez strictes du point de vue sécurité, bruit et vibration. Mais qu’en est-il des voies existantes, que l’on appelle « historique » ? Le grenelle de l’environnement préconise d’ici 2022, le transfert de 14% à 25% du fret routier sur le ferroviaire et le fluvial. L’Autoroute Ferroviaire Internationale entraine déjà une augmentation du trafic ferroviaire sur la ligne située sur la rive droite du Rhône, en Ardèche. Les nuisances générées par le passage des trains augmentent, des associations de défenses des riverains se sont formées (voir ADRD07.fr, AVB, SRD69…) afin de s’opposer à cette Autoroute ferroviaire qui n’a pas été étudiée de façon sérieuse. Les associations réclament une ligne dédiée respectueuse de l’environnement des populations.